Étiquette : Body Art

  • Mon corps et rien d’autre… ou presque

    Mon corps et rien d’autre… ou presque

    Proposez une création centrée sur votre corps : votre corps sera le matériau de la production, tout en intégrant l’espace ou le contexte comme partie prenante de la réalisation.

    #corps #performance #event #body-art

    Questions

    Pourquoi l’auteur fait-il de son corps un médium artistique ? Comment l’artiste pourrait-il l’utiliser ? Dans quelles limites le corps de l’artiste doit-il être actif dans une production plastique ?

    Références possibles

    • GILBERT & GEORGE, The singing sculpture, 1970, performance, galerie Sonnabend à New-York, USA
      Les artistes debout, généralement sur une table, entonnent en playback une chanson populaire connue durant la Seconde Guerre mondiale. Leur visage est peint. Un gant et une canne constituent les accessoires qu’ils s’échangent à la fin de la chanson. Cette œuvre définira les bases de leur vie comme sculpture vivante. Elle permet aux élèves de comprendre l’un des principes de la performance : être dans le même espace, à un instant donné, pour être témoin de l’œuvre en train de se faire. Le corps de l’artiste devient un langage artistique, les limites entre l’art et la vie disparaissent
    • Dennis OPPENHEIM, Parallel stress, mai 1970, deux performances, sur une jetée de béton et sur le sol d’un dépotoir abandonné, Long Island, New York
    • ORLAN, Action ORLAN-CORPS – Le Baiser de l’artiste, performance, 1977

    • Liu BOLIN, Hiding in New York (série), série de photographies, 2011
    • Erwin WURM, One Minute Sculptures, performances, série de photographies, 1997 – 1998
      Erwin Wurm s’est d’abord fait connaître, dans les années 1990, pour son utilisation du vêtement, présenté de façon isolée ou en association avec le corps, selon des configurations inédites et absurdes. Étiré, porté à contresens, superposé à l’excès, il offre autant de nouvelles propositions d’enveloppes pour le corps et suggère d’improbables morphologies. Dans les « One Minute Sculptures », des objets pris dans un environnement immédiat et des modèles faisant preuve d’une certaine « docilité » sont associés sans hiérarchie les uns aux autres ou à des éléments architecturaux (murs, sol…), en intérieur ou en extérieur, pour former autant de sculptures provisoires, reposant sur un équilibre précaire
    • Willi DORNER, Bodies in Urban Space, performances, série de photographies depuis 2004
      S’immiscer dans un interstice, embrasser une colonne, s’imbriquer dans un banc, faire corps avec une porte : Willi Dorner (chorégraphe autrichien) invente de surprenantes sculptures humaines qui transforment la ville en un terrain de jeu.

    Questionnement(s)

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • la relation du corps à la production artistique : l’implication du corps de l’auteur ; la lisibilité du processus de production et de son déploiement dans le temps et dans l’espace : traces, performance, théâtralisation, événements, œuvres éphémères, captations, etc.
    • la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre : l’in situ, les dispositifs de présentation, la dimension éphémère, l’espace public ; l’exploration des présentations des productions plastiques et des œuvres,
    • l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre : le point de vue de l’auteur et du spectateur dans ses relations à l’espace, au temps de l’œuvre, à l’inscription de son corps dans la relation à l’œuvre ou dans l’œuvre achevée.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Photographie de Dennis OPPENHEIM, 1970

  • Extension/ expansion corporelle

    Extension/ expansion corporelle

    Réalisez pour votre corps une extension/ expansion artistique qui obligera le spectateur à s’interroger sur les notions de limite et de dépassement.

    #prothèse #extension #expansion

    Vous présenterez votre réalisation sous la forme d’un défilé.

    Question

    Dans quelle mesure une production artistique peut-elle s’adresser au corps du spectateur ? Le corps de l’artiste peut-il devenir artistique ? Le corps de l’artiste peut-il faire œuvre ?

    Objectifs

    Les objectifs de la séquence sont d’amener les élèves à :

    • comprendre que le corps et la gestuelle de l’auteur sont des signifiants de l’œuvre
    • saisir que le corps de l’artiste peut être un matériau parmi d’autres
    • comprendre que l’espace de présentation est une partie intégrante de l’œuvre et que la place du spectateur devient décisive dans la perception de cette dernière

    Références artistiques possibles

    • Raoul HAUSMANN, L’esprit de notre temps – Tête mécanique, 1920, assemblage, bois et matériaux divers, 32,5 × 21 × 20 cm, MNAM, Paris
    • Piero MANZONI, Magic Base, 1961, bois, feutre et métal, 61 × 79,5 × 79,5 cm
    • Rebecca HORN, Finger Gloves, 1972 ; Pencil Mask, 1972 ; Mechanical Bodyfan, 1973–1974. Après avoir réalisé un ensemble de performances et d’objets en relation au corps, Rebecca Horn construit des machines animées. Son travail mêle allusions littéraires (à Joyce, Beckett ou Willy) et références métaphysiques ou cinématographiques, autobiographiques.
    • Jesús Rafael SOTO, Pénétrables BBL Bleu, 1999, installation, métal, PVC, 400 × 450 × 600 cm
    • Erwin WURM, The Artist who swallowed the world when it was still a disc, 2006, sculpture, résine synthétique, textile, 190 × 140 × 140 cm
    • STELARC, The Third Hand and Extended Arm, 1976-1981, prothèse robotique ; Extra Ear, 2007, implant
    • Michael BURTON et Michiko NITTA, Algaculture, 2010, projet de symbiose entre humain et algues
    • Sun YUAN et Peng YU, Can’t Help Myself, 2016, robot industriel, acier inoxydable et caoutchouc, éther de cellulose dans de l’eau colorée, grille d’éclairage avec capteurs de reconnaissance visuelle et paroi en polycarbonate avec cadre en aluminium, dimensions variables, Solomon R. Guggenheim Museum, NY
    • Heather HANSEN, DrawnInward, 2019, performance, Ochi Gallery Los Angeles

    Questionnement(s)

    La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre :

    • la transformation de la matière : la réalité concrète d’une œuvre ou d’une production plastique ; le pouvoir de représentation ou de signification de la réalité physique globale de l’œuvre
    • l’objet comme matériau en art : la transformation, les détournements des objets dans une intention artistique ; la sublimation, la citation, les effets de décontextualisation et de recontextualisation des objets dans une démarche artistique
    • les représentations et statuts de l’objet en art : la place de l’objet non artistique dans l’art.

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • la relation du corps à la production artistique : l’implication du corps de l’auteur ; la lisibilité du processus de production et de son déploiement dans le temps et dans l’espace : traces, performance, théâtralisation, événements, œuvres éphémères, captations, etc.
    • la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre : le rapport d’échelle, l’in situ, les dispositifs de présentation, la dimension éphémère, l’espace public ; l’exploration des présentations des productions plastiques et des œuvres
    • l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre : les rapports entre l’espace perçu, ressenti et l’espace représenté ou construit .

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Vue de l’installation Can’t Help Myself de Sun YUAN et Peng YU, Musée Guggenheim, NY, 2016

  • Extension corporelle

    Extension corporelle

    Créez une extension corporelle – une prothèse poétique qui modifie notre comportement et notre perception de la réalité. Inventez la fonction de cette prothèse et réalisez une photographie mettant en scène son fonctionnement.

    Stelarc, connu pour ses performances d’Art corporel dans lesquelles il mêle le corps biologique à des composants électroniques ou robotiques, suivant le principe selon lequel le corps humain est obsolète.

    Stelarc, de son vrai nom Stelios Arcadiou (né le 19 juin 1946 à Limassol, Chypre) est un artiste performer australien dont le travail explore le concept du corps et étend celui-ci à la technologie par des interfaces hommes-machines intégrant l’imagerie médicale, les prothèses, la robotique, les systèmes de réalités virtuelles et l’Internet.

    « Nous n’avons jamais eu à l’esprit notre intégrité corporelle et nous exécutons souvent des gestes involontaires. Depuis que nous avons évolué en hominidés et avons développé la locomotion bipède, nos membres supérieurs sont devenus manipulateurs et ont permis de construire des objets façonnés, des instruments et des machines. En d’autres termes, nous avons toujours été couplés à la technologie. Nous sommes des corps de prosthèses. Nous craignons ce que nous avons toujours été et ce que nous sommes déjà devenus : des zombies et des cyborgs. »

    Autres références possibles :

    Michael BURTON et Michiko NITTA, AlgaCulture, 2012
    • Rebecca HORN, The Feathered Prison Fan (Prison de plumes), 1978 (ci-dessous)
    • Rebecca HORN, Finger Gloves (ci-dessous) ou Feather Fingers (Doigts de plumes), 1972
    • Rebecca HORN, Pencil Mask (Masque-crayons), 1972
    Rebecca HORN, The Feathered Prison Fan
    Rebecca HORN, Finger Gloves

    • Questionnements :
      La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la transformation de la matière.
    • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
      S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
      Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
      Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
      Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    Joachim ROTTEVEEL, Vision Machines, 2011 – GALERIE MX7
    Vision Machines est un ensemble de prothèses qui forcent à regarder l’art autrement. Dans ses recherches actuelles, Joachim Rottevee questionne dans cette série sur : comment les gens regardent l’art ? Est-il possible de forcer quelqu’un à vraiment voir une œuvre d’art ? Un spectateur doit-il être ouvert à un sujet critique et apprécier une peinture ?
    Les œuvres réalisées pour l’exposition influencent l’espace situé entre l’observateur et l’objet d’art. Le processus de regarder l’art, et la perception elle-même, sont remis en question à travers une série d’objets et de documents photographiques. Ils révèlent la propre façon de voir du spectateur et fournissent une passerelle alternative au processus de visualisation.
    Les prothèses portables sont constituées d’objets recyclés construits avec des cadres en fil de laiton et de la soudure d’argent. Les objets sont accrochés dans la galerie au niveau des yeux comme si elles étaient portées par des visiteurs invisibles. Sont également exposées des photographies de modèles qui montrent le travail.

    Blinkers – Vision Machines,  Joachim ROTTEVEEL,  2011