Étiquette : Art engagé

  • Antipub

    Antipub

    Toute publicité dans un lieu public qui ne vous laisse pas le choix de la voir ou non est à vous. Elle vous appartient. À vous de la prendre, de la réarranger, de la réutiliser. Demander la permission serait comme demander si vous pouvez garder la pierre qu’on vient de vous jeter à la figure.

    Banksy, Guerre et Spray, Éd Alternatives, Paris

    Après avoir effectué quelques recherches sur le collectif Brandalism, proposez une antipub sous la forme d’une publicité détournée* replacée dans son espace public. Ayez pour cette réalisation une véritable réflexion critique de la société décriée par Banksy.

    *Détourner : en arts plastiques, c’est utiliser une image ou un objet existant en modifiant son sens original ou sa fonction. Le détournement est la réutilisation par un artiste de slogans, d’images publicitaires, de campagnes de marketing pour créer une nouvelle œuvre portant un message différent, souvent opposé au message original. C’est une sorte de parodie satirique, qui réutilise ou imite l’œuvre originale. Le détournement le plus connu est le détournement publicitaire. (Wikipédia)

    Bill POSTERS, Mc Bomb, 2012, affiche

    Objectifs pédagogiques

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • être capable de donner une nouvelle signification à une image publicitaire
    • tirer parti des codes de communication de la publicité et des techniques du street-art
    • être capable de maîtriser l’outil informatique (recherche et logiciel de retouche photo).

    Questions abordées

    Comment donner à voir une nouvelle image, faire évoluer son statut ? Quels liens existent entre l’art et la société de consommation ? Dans quelle mesure l’art glorifie-t-il ou dénonce-t-il la société de consommation ?

    Références (Wikipédia)

    ZEVS, Visual Attack, 2001, affiche publicitaire bombée

    Références artistiques possibles

    • John HEARTFIELD, Adolf l’Übermensch : avale de l’or et recrache des insanités, 1932, photomontage, AIZ 11. no. 29, J. Paul Getty Museum
    • CÉSAR, Compression « Ricard« , 1962, tôle d’acier laquée compressée, 153 × 73 × 65 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Andy WARHOL, Campbell’s Soup Cans, 1962, peinture polymère synthétique peinte sur 32 cadres, chaque cadre mesure : 50,8 × 40,6 cm
    • Andy WARHOL, Green Coca-Cola Bottles, 1962, peinture acrylique, sérigraphie et graphite sur toile, 210,2 × 120,53 cm, Whitney Museum of American Art
    • Andy WARHOL, Brillo Boxes, 1964, boîtes en contre-plaqué avec sérigraphie et acrylique, boîte : 43,2 × 43,2 × 35,6 cm chacune
    • ERRÓ, Foodscape, 1964, collage marouflé sur toile, 200 × 300 cm
    • Duane HANSON, Lady Market, 1969, polyester, fibre de verre, peinture acrylique, huile, cheveu, prothèse oculaire, chariot de supermarché, boîte de conserve et nourriture, 166 × 130 × 65 cm
    • Barbara KRUGER, Untitled (I Shop therefore I Am), 1987, sérigraphie, 280 × 283 cm
    • Shepard FAIREY, André the Giant Has a Posse, 1989, sticker
    • Andreas GURSKY, 99 cent, 1999, photographie, 206,5 × 337 × 5,8 cm, Centre Pompidou, Paris
    • ZEVS, Visual Attack, 2001, affiche publicitaire, peinture rouge. L’artiste « exécute » les top modèles d’affiches publicitaires en leur bombant un point rouge dégoulinant au milieu du front.
    • Jean-Baptiste MONDINO, pochette disque de J’accuse de Damien SAEZ, 2010, photographie
    • BANKSY, La Chute, nov 2011, pochoir, Londres
    • Vermibus, Dissolving Europe, 2013, affiches publicitaires (dans abribus) modifiées au dissolvant
    • Wang GUANGYI, Great Criticism, Coca Cola, 2015, huile sur toile, 150 ×120 cm
    • Jani LEINONEN, The Most Terrible Things, 2015, acrylique sur polystyrène, 920 × 391 × 40 cm

    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • la création, la matérialité, le statut, la signification des images : l’appréhension et la compréhension de la diversité des images ; leurs propriétés plastiques, iconiques, sémantiques, symboliques ; les différences d’intention entre expression artistique et communication visuelle, entre œuvre et image d’œuvre
    • la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique : les incidences du numérique sur la création des images fixes et animées, sur les pratiques plastiques en deux et en trois dimensions ; les relations entre intentions artistiques, médiums de la pratique plastique, codes et outils numériques.

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre : l’exploration des présentations des productions plastiques et des œuvres.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Photographie mise en avant : NO-AD Project de Vermibus, nov 2012, Berlin. Le projet avait pour objectif de réduire l’impact de la publicité à laquelle les citoyens sont exposés, en enlevant les affiches et en laissant l’espace vide. Source : https://vermibus.com/ (site de l’artiste)

  • L’œuvre d’un combat

    L’œuvre d’un combat

    Dans quelle mesure l’Art du 20e siècle témoigne-t-il des combats des femmes ? Qu’est-ce qu’une œuvre féministe ?

    Au cours d’ateliers transdisciplinaires, vous concevrez puis créerez l’exposition « Mur de femmes ».

    Thèmes transdisciplinaires retenus :

    • la femme et la citoyenneté
    • le droit au vote (1944 pour la France)
    • l’égalité dans le travail
    • la parité en politique (2000)
    • l’égalité des chances, des droits
    • le corps de la femme (disposer de son corps)

    Objectifs

    – Identifier les artistes et les œuvres artistiques patrimoniales liés à un territoire, une
    période ou une société.

    – Appréhender le parcours de ces artistes et mettre en relation
    la réalité des différentes cultures, leurs dimensions imaginaires et leur interprétation,
    dans le cadre du parcours d’éducation artistique et culturelle.

    – S’éprouver dans une démarche de création afin d’associer la dimension sensible de la
    pratique à la compréhension des œuvres et des langages artistiques et numériques.

    Références culturelles et artistiques possibles

    Femme au 20e siècle

    • Frida KAHLO, The Frame, 1938, huile sur aluminium, 28,5 x 20,7 cm, Centre Pompidou, Paris. L’œuvre est constituée en deux parties : l’autoportrait peint sur une fine plaque d’aluminium ; le fixé sous verre, peinture sous verre de production artisanale réalisée dans le village de Juquila au Mexique. Le fixé sous verre désigne la plaque de verre peinte et sert à encadrer le portrait, donnant ainsi le titre à l’œuvre
    • J. Howard MILLER, We Can Do It!, 1942, affiche créée pour Westinghouse Electric Company en 1942 utilisant Rosie la riveteuse (Rosie the Riveter) : icône de la culture populaire américaine, symbolisant les six millions de femmes qui travaillèrent dans l’industrie de l’armement.
    • Martha ROSLER, Semiotic of the Kitchen, 1975, vidéo, 6’09. « Je voulais dire alors que les signes imposés aux femmes étaient extrêmement réducteurs. La femme est impliquée dans un système de réduction extrême par rapport à ce qu’elle est en tant qu’être… »
    • Margaret ATWOOD, La Servante écarlate (The Handmaid’s Tale), 1985, roman féministe de science-fiction dystopique
    • Marjane SATRAPI, Persepolis, 2000-2003, bande dessinée autobiographique en 4 volumes. L’autrice y retrace les étapes marquantes qui ont rythmé sa vie, de son enfance à Téhéran pendant la révolution islamique à son entrée difficile dans la vie adulte en Europe.
    • Niki De SAINT PHALLE, La Mariée ou Eva Maria, 1963, grillage, plâtre, dentelle, jouets divers, 222 x 200 x 100 cm, Centre Pompidou, Paris
    • ORLAN, Le baiser de l’artiste, 1977, performance au Grand Palais (week-end de la FIAC)
    • GUERRILLA GIRLS, Do Women Have To Be Naked To Get Into the Met. Museum? 1989, sérigraphie sur papier, 28 x 71 cm, guerrillagirls.com (en bandeau)
    • Shadi GHADIRIAN, Like everyday, 2001-2002, série de photographies. Like everyday explore les attentes formulées des femmes mariées dans les sociétés traditionnelles, les condamnant à une vie de ménage, de repassage et de cuisine. Dans cette série la photographe n’utilise pas le tchador noir que l’on voit dans les images de l’Iran, mais plutôt les tchadors aux riches motifs, colorés, féminins et doux que les femmes portent traditionnellement à l’intérieur de leurs maisons pour recevoir des invités. Shadi Ghadirian superpose à ses sujets sans visage qui portent ces tchadors d’intérieur un équipement domestique : un fer à repasser, un balai, une bouilloire, une tasse de thé, des pots et des casseroles, des gants pour la vaisselle ou d’autres accessoires. Avec cette série, elle a commencé à être ouvertement critiquée par certains établissements publics iraniens, qui ont trouvé le travail trop critique. Plutôt que de confronter directement ses critiques, une fois de plus, elle a utilisé la réalité et l’humour en montrant les restrictions, y compris la censure. Cf. S Ghadarian
    • Randa MAROUFI, Les Intruses, 2018-2019, photographies et vidéo (6 min)

    Le sexe féminin

    • Gustave COURBET, L’Origine du monde, 1866, huile sur toile, 46,3 x 55,4 cm, Musée d’Orsay
    • Georgia O’KEEFFE, Red, Yellow and Black Streak (Stries rouge, jaune et noir), 1924, huile sur toile appartenant à la série de paysages du lac George, 101,3 x 81,3 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Marcel DUCHAMP, Feuille de vigne femelle (Female Fig Leaf), 1950-1951, plâtre peint en vert, 8,5 x 13 x 11,5 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Valie EXPORT, Aktionhose: Genitalpanik, 1969, photographie d’un happening réalisé dans un cinéma munichois en 1968, tirage offset sur papier, 69,8 x 49, 8 cm, photographie de Peter Hassmann, Centre Pompidou, Paris
    • Casey JENKINS, Casting Off My Womb (‘Vaginal knitting‘), octobre 2013, performance de 28 jours
    • Megumi IGARASHI (aka Rokudenashiko), Vagina Kayak, 2014, kayak conçu à partir d’un scan 3D. Son travail, insolite et non dénué d’humour, vise à casser le tabou de la représentation du sexe féminin.

    Les Intruses de Randa MAROUFI

    Des femmes occupent le temps d’une mise en scène l’espace public. Elles empruntent les mêmes gestes, les mêmes postures que ceux des hommes dans pareils lieux : elles jouent aux cartes, regardent un match de foot dans l’indifférence de l’écoulement du temps. Elles occupent les terrasses, se mettent en vitrines dans l’étrangeté d’un espace public d’exclusion, celle de genre.

    Site de l’artiste : https://www.randamaroufi.com/
    Fiche de Randa Maroufi

    Manifesto of fragility, 16e Biennale de Lyon
    Usines Fagor, Lyon (France)
    14.09.22 > 31.12.22

    Randa MAROUFI, Barbès, photographie couleur, 150×80 cm

    Questionnement(s)

    • La représentation ; images, réalité et fiction : l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son auto référenciation – la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Mon art, mon arme

    Mon art, mon arme

    Se servir de l’image d’une arme à feu pour en faire une œuvre ne peut pas être un geste neutre. Pour certains artistes en détournant* l’objet de mort (ou sa représentation) et en se le réappropriant, c’est un moyen de dénoncer par l’absurdité nos sociétés violentes. Pour d’autres, c’est une solution pour exorciser le passé.

    * Dans le domaine artistique, le détournement concerne généralement les images, les œuvres, les objets, les matériaux industriels et naturels, quelles que soient leur taille et leur matière. Le détournement consiste alors en une modification du sens de l’image ou de la fonction de l’objet. Le contexte et le lieu peuvent également jouer un rôle dans le détournement. Celui-ci modifie donc ce qui existait antérieurement.

    Transformez cet objet de mort en création de façon à se le réapproprier et à le détourner de sa vocation initiale et d’en faire quelque chose d’autre : une œuvre.

    #détournement #art engagé

    Objectifs

    • Approcher la démarche artistique et sociologique du processus de la création.
    • Prendre position et discuter de son point de vue sur un sujet de société.
    • Appréhender des notions de l’histoire de l’art.

    Qu’est-ce que l’art engagé ? Comment l’engagement de l’artiste se traduit-il dans son œuvre ? Comment l’artiste s’implique-t-il (personnellement) dans son œuvre et dans son époque ?

    Références artistiques possibles

    • Otto DIX, La Guerre, tempera sur panneaux de bois, dimensions du panneau central : 204 x 102 cm.
    • Maurice HENRY, Dans le miroir, 1966-1975, révolver entouré d’un bandage médical tâché de rouge, 35 x 54 cm.
    • Carl-Fredrik REUTERWÄRD, Non-violence, 1985, sculpture en bronze, 1,50 m de haut. L’œuvre représente un révolver (Colt Python 357) au canon noué et existe en de nombreuses versions. L’artiste a commencé à travailler sur le projet de cette sculpture à la suite du meurtre du musicien et chanteur britannique John Lennon en décembre 1980.
    • Daniel DEZEUZE, Armes de poing, 1987-1989, bois et métaux divers. Posées sur une table, ces Armes de poing se composent d’un assemblage hétéroclite d’objets de récupération. Elles imitent révolvers et pistolets avec la possibilité physique d’une prise en main, mais il est inenvisageable de s’en servir réellement.
    • André ROBILLARD, M16 Américain USA, 1994, bois, ruban adhésif, cartouche, tube en métal, fil de fer, culot d’ampoule à vis, bouchon en liège, couvercle en plastique, pile, flacon de poudre à récurer, boîtier en plastique, punaise, clou, stylo à bille, stylo-feutre, 154.3 x 40 x 21,5 cm, 6 kg, Le LaM, Villeneuve-d’Ascq – Lille Métropole.
    • Benjamin VAUTIER dit BEN, L’art est une violence camouflée, 1998, assemblage d’armes en plastique sur bois, peinture acrylique, 77 x 80 x 5,5 cm, Collection de l’artiste.
    • Antonio RIELLO, Ladies Weapons, depuis 1998, série de vrais fusils décorés. L’artiste mélange le glamour de la mode avec la fascination perverse et morbide commune pour l’armement et la violence. Ces œuvres — réalisées à l’aide de peaux de léopard, de couleurs laquées vives, de bijoux, de fourrures, de tissus à la mode et d’appareils technologiques spéciaux — interrogent la limite entre l’attrait du beau et la répulsion du mal.
    • Sylvie RENO, Histoire naturelle, 2000, reproduction de différents pistolets (Golan 40 S&W, Mauser M2, Heckler & Koch PSP…) en carton ondulé.
    • Hervé Di ROSA, La Prière (à la fusée), 2001, acrylique sur toile, 97 x 99 cm.
    • Philippe PERRIN, Gun Club, 2002, coffret, révolver et 6 balles en fonte d’aluminium, acier inoxydable, résine et bois, 55 x 33 cm.
    • Joël DUCOROY, A John, Marvin et les autres, 2005, installation, plaques minéralogiques, 55 x 75 cm, Collection de l’artiste.
    • Charles KRAFT, AK47 Kalashnikov, 2013, objet moulé en porcelaine de Delft, 26 cm x 88 cm. La technique principale de Charles Krafft est le moulage d’objets en porcelaine. Ces objets sculpturaux sont ensuite peints à la main ou décorés d’autocollants de transfert en céramique avant la dernière cuisson. Ce processus, basé sur les traditions néerlandaises de Delft conduit à des œuvres d’art à la fois séduisantes et extravagantes.
    • Gonçalo MABUNDA, O trono da Alvadorada, 2017, masque, assemblage d’étuis et de douilles.
    Carl-Fredrik REUTERWÄRD, Non-Violence, 1985, sculpture devant les Nations Unies à New York
    André ROBILLARD, M16, 1994, Collection LaM, Lille

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation – la création, la matérialité, le statut, la signification des images.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


  • It’s watching you

    It’s watching you

    En désorganisant, en utilisant de manière ludique un système de surveillance ou en lui inventant de nouveaux usages, vous proposerez une installation ou une performance qui proposent une lecture critique face à de tels dispositifs.
    Votre proposition sera présentée sous la forme d’un projet dessiné ou photographique.

    #art et pouvoir #représentation et subjectivité

    Terminologie

    Une installation artistique est une œuvre d’art créée pour un lieu spécifique (in situ) et conçue pour modifier la compréhension de cet espace. Souvent, elle se caractérise par une mise en scène, un agencement d’objets et d’éléments indépendants les uns des autres, mais constituant un tout avec le lieu. Dans certains cas, le public est amené à interagir avec l’installation. La distance entre le public et l’œuvre est plus ou moins abolie : le public pénètre dans le périmètre propre à l’œuvre, engendrant de nouveaux types de relations entre la création et le regardeur.

    Une performance est une œuvre d’art ou un présentation artistique créée par l’action éphémère menée par l’artiste ou d’autres participants et peut être en direct, documenté, spontané ou écrit, présenté à un public. L’objectif est de susciter une réaction, parfois à l’aide de l’improvisation et de la mise en scène artistique. Le thème est généralement lié aux processus de vie de l’artiste, au besoin de dénonciation ou de critique sociale et à un esprit de transformation.

    Comment l’art peut-il contribuer à la compréhension de notre société de surveillance ?

    Comment nos désirs personnels façonnent-ils les outils utilisés pour nous surveiller ? Quelles en sont les incidences sociales et culturelles ? Comment pouvons-nous disparaître des écrans de vidéo surveillance et des méta données ? 


    Références artistiques possibles

    Big Brother  est un personnage de fiction du roman 1984 de George ORWELL publié en 1949. 1984 est communément considéré comme une référence du roman d’anticipation, de la dystopie*, voire de la science-fiction en général. La principale figure du roman, Big Brother, est devenue une figure métaphorique du régime totalitaire, de la société de la surveillance, ainsi que de la réduction des libertés. 1984 de George ORWELL — Wikipédia

    Andy WARHOL, Outer and Inner Space, 1965, film en noir et blanc avec avec Edie Sedgwick, 16 mm, 33 min. Avec ce film, Andy Warhol a sans doute posé les premiers jalons, d’une mécanique redoutable faisant du spectateur le voyeur d’une étrange conversation enregistrée.

    Bruce NAUMAN, Video Surveillance Piece : Public Room, Private Room, 1969-1970, dispositif vidéo. Les spectateurs entrent dans une pièce où figure au sol, dans un coin, un moniteur. Une caméra placée au plafond, à l’opposé du moniteur, filme la pièce. Ils s’attendent donc à se voir apparaître dans ce moniteur mais, contre toute attente, c’est dans un autre moniteur, figuré sur l’écran du premier, que sont retransmis les mouvements des spectateurs dans la pièce… Sortant de cette pièce, ils longent un autre espace, de même dimension, mais qui reste totalement inaccessible : cette Private Room, on le comprend, est équipée du même dispositif que la Public Room, et elles s’échangent leurs images respectives (la caméra de l’une transmet sa prise de vue au moniteur de l’autre, et vice-versa).

    Denis BEAUBOIS, In the event of Amnesia the city will recall, 1996

    Denis BEAUBOIS, In the event of Amnesia the city will recall, 1996, performance.

    BANKSY, What are you looking at ?

    BANKSY, What are you looking at ? 2002. Avec ce pochoir, Banksy entre en interaction avec le lieu et provoque en demandant à la caméra ce qu’elle regarde. 

    Marie SESTER, Access, 2003, installation numérique. Avec Access, l’artiste propose de « traquer des individus anonymes dans l’espace public, en les pourchassant avec un spotlight automatisé et un système de projection acoustique ». La plupart des gens essaient immédiatement d’échapper au cercle lumineux mais d’autres semblent s’y trouver plutôt bien. Créé en 2003, le projet a beaucoup voyagé depuis – signe qu’il est toujours aussi pertinent.

    Jill MAGID, Evidence Locker, 2004, vidéo. L’artiste est filmées par la police à l’aide des caméras de surveillance publiques du centre-ville de Liverpool. Vêtue d’un trench-coat rouge vif, elle appelait la police donnant des détails sur l’endroit où elle se trouvait et leur demandait de la filmer dans des poses, des endroits particuliers ou même de la guider à travers la ville les yeux fermés.

    Jonas DAHLBERG, Safe Zones #7

    Jonas DAHLBERG, Safe Zones #9, 2004, installation, maquettes architecturales, caméra de surveillance, moniteur. Un moniteur est situé à l’extérieur des WC, sur lequel on peut voir l’intérieur des toilettes. Les visiteurs supposent qu’une caméra de surveillance a été installée à l’intérieur. Tout visiteur assez audacieux pour s’aventurer à l’intérieur est surpris de découvrir une copie exacte des toilettes et que c’est en fait ce modèle qui est surveillé.

    La vidéo Faceless (2007) est un film de 50 min de la réalisatrice Manu LUKSCH. Construit à partir d’images de vidéosurveillance devant lesquelles la réalisatrice s’est volontairement placée, la vidéo dénonce clairement la société de contrôle, mais son efficacité tient aussi au statut particulier de ces images, qui relève ici encore de la fascination.

    Trevor PAGLEN, They Watch the Moon, 2010, photographie, San Francisco Museum of Modern Art. Cet artiste — géographe et écrivain américain, pionnier du mouvement Surveillance Art — photographie les zones classées secret défense, comme les bases américaines de la NASA ou de la CIA. Son art documentaire se veut politique et sociale, renversant la politique de collecte d’informations sur les citoyens en une collecte d’informations sur l’État.

    Depuis 2012, l’artiste italien Paolo CIRIO installe dans l’espace public des reproductions grandeur nature de silhouettes qu’il a trouvées sur Google Street View, exactement à l’endroit où elle ont été prises la première fois. Les passants sont alors confrontés à l’irruption de ces images, qui leur rappellent que leurs déambulations peuvent être photographiées. Comme Google, l’artiste n’a pas demandé l’autorisation de reproduction des images. Certaines des personnes photographiées lui ont demandé de retirer les collages – mais d’autres, à l’inverse, l’ont contacté pour savoir si elles pouvaient avoir un de ces portraits grandeur nature.

    The New Town (2013) est une série de photographies de la vie quotidienne dans une petite ville du Midwest aux États-Unis, prises par l’artiste Andrew HAMMERAND au moyen des caméras de surveillance installées dans la ville. Depuis son ordinateur, à des milliers de kilomètres, Hammerand avait réussi à accéder à ces caméras de surveillance, y compris à leur faire faire des zooms et des panoramiques.

    Le projet Database, pour sa part, matérialise la surveillance à l’échelle des personnes. Il s’agit d’un projet allemand de 2014, installé dans une rue de Trèves en Allemagne pour une durée de 46 jours. Dans cette installation, les visages des passants sont filmés, imprimés puis passés au broyeur de papier. De jour en jour, les papiers déchiquetés s’accumulent, offrant aux passants une image concrète des données qui s’amoncellent sur eux.

    Jakub GELTNER, Nest 06, 2015

    Jakub GELTNER, Nest 06, 2015, installation dans l’espace urbain de caméras de surveillance, Sydney – Australia – http://www.geltner.cz/


    Histoire des arts – Thématiques, objets d’étude possibles

    • Les arts entre liberté et propagande (1910-1945) – Art et pouvoir : contestation, dénonciation ou propagande

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la création, la matérialité, le statut, la signification des images – la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    * Dystopie : récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur. Une dystopie peut également être considérée, entre autres, comme une utopie qui vire au cauchemar et conduit donc à une contre-utopie. Source Wikipédia