Étiquette : Appropriation

  • Mon art, mon arme

    Mon art, mon arme

    Se servir de l’image d’une arme à feu pour en faire une œuvre ne peut pas être un geste neutre. Pour certains artistes en détournant* l’objet de mort (ou sa représentation) et en se le réappropriant, c’est un moyen de dénoncer par l’absurdité nos sociétés violentes. Pour d’autres, c’est une solution pour exorciser le passé.

    * Dans le domaine artistique, le détournement concerne généralement les images, les œuvres, les objets, les matériaux industriels et naturels, quelles que soient leur taille et leur matière. Le détournement consiste alors en une modification du sens de l’image ou de la fonction de l’objet. Le contexte et le lieu peuvent également jouer un rôle dans le détournement. Celui-ci modifie donc ce qui existait antérieurement.

    Transformez cet objet de mort en création de façon à se le réapproprier et à le détourner de sa vocation initiale et d’en faire quelque chose d’autre : une œuvre.

    #détournement #art engagé

    Objectifs

    • Approcher la démarche artistique et sociologique du processus de la création.
    • Prendre position et discuter de son point de vue sur un sujet de société.
    • Appréhender des notions de l’histoire de l’art.

    Qu’est-ce que l’art engagé ? Comment l’engagement de l’artiste se traduit-il dans son œuvre ? Comment l’artiste s’implique-t-il (personnellement) dans son œuvre et dans son époque ?

    Références artistiques possibles

    • Otto DIX, La Guerre, tempera sur panneaux de bois, dimensions du panneau central : 204 x 102 cm.
    • Maurice HENRY, Dans le miroir, 1966-1975, révolver entouré d’un bandage médical tâché de rouge, 35 x 54 cm.
    • Carl-Fredrik REUTERWÄRD, Non-violence, 1985, sculpture en bronze, 1,50 m de haut. L’œuvre représente un révolver (Colt Python 357) au canon noué et existe en de nombreuses versions. L’artiste a commencé à travailler sur le projet de cette sculpture à la suite du meurtre du musicien et chanteur britannique John Lennon en décembre 1980.
    • Daniel DEZEUZE, Armes de poing, 1987-1989, bois et métaux divers. Posées sur une table, ces Armes de poing se composent d’un assemblage hétéroclite d’objets de récupération. Elles imitent révolvers et pistolets avec la possibilité physique d’une prise en main, mais il est inenvisageable de s’en servir réellement.
    • André ROBILLARD, M16 Américain USA, 1994, bois, ruban adhésif, cartouche, tube en métal, fil de fer, culot d’ampoule à vis, bouchon en liège, couvercle en plastique, pile, flacon de poudre à récurer, boîtier en plastique, punaise, clou, stylo à bille, stylo-feutre, 154.3 x 40 x 21,5 cm, 6 kg, Le LaM, Villeneuve-d’Ascq – Lille Métropole.
    • Benjamin VAUTIER dit BEN, L’art est une violence camouflée, 1998, assemblage d’armes en plastique sur bois, peinture acrylique, 77 x 80 x 5,5 cm, Collection de l’artiste.
    • Antonio RIELLO, Ladies Weapons, depuis 1998, série de vrais fusils décorés. L’artiste mélange le glamour de la mode avec la fascination perverse et morbide commune pour l’armement et la violence. Ces œuvres — réalisées à l’aide de peaux de léopard, de couleurs laquées vives, de bijoux, de fourrures, de tissus à la mode et d’appareils technologiques spéciaux — interrogent la limite entre l’attrait du beau et la répulsion du mal.
    • Sylvie RENO, Histoire naturelle, 2000, reproduction de différents pistolets (Golan 40 S&W, Mauser M2, Heckler & Koch PSP…) en carton ondulé.
    • Hervé Di ROSA, La Prière (à la fusée), 2001, acrylique sur toile, 97 x 99 cm.
    • Philippe PERRIN, Gun Club, 2002, coffret, révolver et 6 balles en fonte d’aluminium, acier inoxydable, résine et bois, 55 x 33 cm.
    • Joël DUCOROY, A John, Marvin et les autres, 2005, installation, plaques minéralogiques, 55 x 75 cm, Collection de l’artiste.
    • Charles KRAFT, AK47 Kalashnikov, 2013, objet moulé en porcelaine de Delft, 26 cm x 88 cm. La technique principale de Charles Krafft est le moulage d’objets en porcelaine. Ces objets sculpturaux sont ensuite peints à la main ou décorés d’autocollants de transfert en céramique avant la dernière cuisson. Ce processus, basé sur les traditions néerlandaises de Delft conduit à des œuvres d’art à la fois séduisantes et extravagantes.
    • Gonçalo MABUNDA, O trono da Alvadorada, 2017, masque, assemblage d’étuis et de douilles.
    Carl-Fredrik REUTERWÄRD, Non-Violence, 1985, sculpture devant les Nations Unies à New York
    André ROBILLARD, M16, 1994, Collection LaM, Lille

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation – la création, la matérialité, le statut, la signification des images.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


  • Appropriation

    Appropriation

    Avec Internet, un nombre incalculable d’images est diffusé. La copie, la récupération et l’appropriation*, qui sont des gestes artistiques anciens, se trouvent au cœur de la démarche de beaucoup d’artistes contemporains. Ils interrogent la notion de l’original de l’œuvre d’art ainsi que la valeur et le sens des signes qui composent notre quotidien.

    Emparez-vous de diverses images, appropriez-les-vous et créez une histoire cohérente à partir d’elles.

    #appropriation #démarche #fiction

    Récupérer une ou plusieurs images suffit-il à faire œuvre ? Face à la prolifération des images sur Internet, quelles stratégies artistiques avez-vous adoptées ? Expliquez comment l’appropriation d’images sert votre projet artistique et narratif.

    * Appropriation : adaptation d’une œuvre ou d’une image pour sa propre création, mais tout en conservant l’idée générale.

    Picture Generation

    L’appropriation peut être effectuée avec une intention critique ou comme un hommage. Cette distanciation vient du critique américain Douglas CRIMPS qui présente à l’automne 1977 une exposition intitulée Pictures à l’Artists Space de New York, un concept qu’il nuancera dans son essai, amer et distant, Appropriating Appropriation (1982). Les premiers artistes sélectionnés pour Pictures sont Sherrie LEVINE, Jack GOLDSTEIN, Phillip SMITH, Troy BRAUNTUCH et Robert LONGO. Cindy SHERMAN avait eu droit un an auparavant à une exposition solo à l’Artists Space. Elle est mentionnée dans la version revue et corrigée du texte du catalogue de Douglas CRIMPS, parue en 1979 dans la revue marxiste Octobre.

    Le Whitney Museum of American Art de New York et le Musée d’art contemporain de Los Angeles ont organisé, en 1989, de grandes rétrospectives de la « Picture Generation ».

    Du 29 avril au 2 aout 2009, le Metropolitan Museum of Art présente trente artistes de la scène artistique new-yorkaise des années 1970 dans l’exposition, organisée par Douglas EKLUND, « The Generation Photos, 1974-1984 ».

    Source Wikipédia

    Publicité Marlboro et la photographie de Richard PRINCE, 1989

    Références artistiques possibles

    • Hannah HÖCH, Cut with the Dada Kitchen Knife through the Last Weimar Beer-Belly Cultural Epoch in Germany, 1919, collage, 114 x 90 cm. L’artiste expérimente au début du siècle, le photomontage et le découpage/collage d’images à partir de cartes postales. Elle fait de cette pratique un instrument de critique sociale et politique et témoigne de son engagement féministe.
    • Hans-Peter FELDMANN, Bilder, 1968, ouvrage sans texte composé de photographies personnelles et d’images trouvées dans les magazines, dans les journaux, dans les livres. Pour lui, cette imagerie populaire reflète les désirs de notre société.
    • Christian BOLTANSKI, L’album de la famille D., 1971, installation, 150 tirages noir et blanc encadrés de fer blanc, 220 x 450 cm. Christian Boltanski installe dans cette pièce toutes les photos amateurs qui restent de trois générations d’une même famille française. L’artiste aborde la grande Histoire par la petite histoire individuelle : l’histoire de la famille D. appartient à notre mémoire collective. Tenues vestimentaires, coiffures, voitures, paysages urbains, postures sont le reflet de l’après-guerre en France.
    • Sherrie LEVINE After Walker Evans, 1982, photographie. En photographiant une image iconique du célèbre photographe Walker EVANS, elle remet en jeu la figure de l’auteur et l’originalité de l’œuvre d’art pour révéler que notre connaissance artistique repose sur la circulation des reproductions.
    • Richard PRINCE, Untitled (cowboy), 1989, épreuve chromogène, 127 x 177,8 cm. L’artiste récupère le cow-boy des publicités Marlboro et élève ce symbole de la culture américaine au rang d’œuvre.
    • John BALDESSARI, Fissures (Orange) and Ribbons (Orange, Blue): With Multiple Figures (Red, Green, Yellow), Plus Single Figure (Yellow) in Harness (Violet) and Balloons (Violet, Red, Yellow, Grey), 2004. acrylique sur panneau. 305 x 570 cm.
    • Céline DUVAL, 3 temps en 4 mouvements, 2009, 24 posters, 176 x 120 cm
    Céline DUVAL, 3 temps en 4 mouvements,
    2009, 176 x 120 cm
    • John STEEZAKER, Mask #104, 2011, collage, 25,8 x 20,4 cm. Dans cette série, il superpose deux images, une des années 50 – photos de studio de stars et une autre de cartes postales et entraine le regard du spectateur dans des allers/retours entre les différents plans de lectures des associations créées.
    • Thomas HIRSCHHORN, Collage truth #8, 2012, collage, 46 x 27 cm. L’artiste associe des photos de mode glossy à des photographies ultra violentes de victimes des guerres au Moyen-Orient, pour créer un contraste saisissant et brutal, fondé sur des associations de postures et des répétitions formelles qui questionnent les horreurs de la guerre, de la violence et de la pauvreté, au miroir de structures de contrôle consuméristes comme la publicité.
    • Mishka HENNER, Feedlots, 2013, photographies. La série Feedlots et plus globalement le travail de récupération d’images internet, ont suscité de nombreuses interrogations sur la nature d’artiste. Au fil des entretiens que Mishka Henner accorde depuis 2010, il s’emploie à mettre en valeur son fastidieux travail de collecte et les nombreuses retouches qu’il opère sur les images. S’il ne déclenche pas l’appareil photographique, ses choix sur le fond comme sur la forme des clichés relèvent du geste artistique.
    • Barbara BREITENFELLNER, Untitled (WVZ 323), 2014, collage, 21,2 x 13,4 cm.

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation – la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    « Buying Myself Back: A Model for Redistribution »,
    NFT d’Emily RATAJKOWSKI, avril 2021, mannequin et actrice américaine

    À propos de l’œuvre de Richard PRINCE, Emily RATAJKOWSKI déclare : « en posant pour des photos, et il m’a semblé étrange qu’un artiste chic et très estimé puisse m’arracher un de mes posts Instagram et le vendre comme le sien » et poursuit sur Twitter, ce NFT baptisé « Buying Myself Back: A Model for Redistribution »  est avant tout un moyen de se réapproprier son image et de lutter contre son utilisation abusive par des tiers. 

    L’œuvre en question, signée Richard PRINCE et mis en vente à 90 000 dollars à la Gagosian Gallery de Madison Avenue, était simplement le tirage sur grand format d’une publication Instagram de l’actrice, qui était elle-même une capture d’écran d’une photo parue plus tôt dans Sports Illustrated. Elle avait voulu récupérer cette œuvre mais un autre acheteur a finalement eu gain de cause. Finalement, Emily Ratajkowski est parvenue à s’offrir une deuxième œuvre identique en contactant Richard Prince, pour la modique somme de 81 000 dollars.

    Source JDG – journaldugeek.com

  • Détournement

    Détournement

    Peindre, dessiner, découper, coller, recomposer, rajouter, supprimer, mettre en scène, rejouer… Faites vôtre l’œuvre en référence !
    Vous détournerez Narcisse du CARAVAGE de son sens premier (le mythe) vers une nouvelle signification plus personnelle.

    LE CARAVAGE, Narcisse, 1598-1599, huile sur toile, 110 x 92 cm, Galerie nationale d’art ancien, Palais Barberini, Rome

    « Un jour, après la chasse, le jeune homme veut se désaltérer à une source d’eau pure, et s’éprend de son propre reflet dans l’eau. Éperdument amoureux de l’être qu’il aperçoit, il tente désespérément de saisir sa propre image, incapable de s’arracher à sa propre contemplation. »

    Ovide, Métamorphoses, livre III (légendes thébaines)

    Narcisse est un jeune homme fou amoureux de son image reflétée dans l’eau, il ne survivra pas à cet amour… Dans cette interprétation picturale, Narcisse se contemple effectivement dans l’eau, à genoux, les bras ouverts marquant les bords droit et gauche du tableau, en une composition formant un cercle avec son reflet en double inversé et dont un genou marque le centre : son genou joue un rôle de pivot dans cette composition élaborée. Bien que le mythe de Narcisse soit très ancien, les habits du personnage correspondent plutôt à l’époque du peintre qu’à l’Antiquité. Caravage s’oppose ainsi à ses prédécesseurs en faisant de Narcisse un contemporain.

    John William Waterhouse, Echo and Narcissus, 1903, huile sur toile, 109,2 cm x 189,2 cm

    Appropriation vs détournement

    L’appropriation, c’est le fait de rendre quelque chose propre à quelqu’un. « Propre », c’est-à-dire à soi, comme dans « propriété », mais aussi « approprié » comme convenable, c’est-à-dire adapté à soi. S’approprier quelque chose, c’est d’abord le prendre puis le faire sien en lui ménageant une place dans son monde, en ayant un usage, souvent exclusif, voire excluant, en le gardant, quelque part avec ou en soi.
    Opérer un détournement est une action encore plus volontaire, qui est souvent réprouvée car jugée illégitime : détournements d’avion, de fonds publics, de mineurs… Il n’y a guère que le détournement d’un cour d’eau ou de la circulation qui puissent paraître légitimes. Mais, quoi qu’il en soit, cette action « détourne du droit chemin », au propre comme au figuré, et dirige ce qui a été détourné dans un sens qui n’était pas prévu, ou souhaité, initialement.
    En art, les termes s’appliquent en général à la démarche d’artistes qui se sont appropriés des objets (ou des idées) et les ont détournés de leur fonctions. Soit pour leur donner une valeur artistique qu’ils n’avaient pas avant. Soit pour faire évoluer leur valeur artistique, par exemple quand un artiste s’appuie sur une œuvre antérieure pour élaborer son œuvre.
    Source Ludovia #12 – Célio Paillard, 2015

    18 propositions inspirées de La Baigneuse de Valpinçon (de gauche à droite, de haut en bas)

    Agrandir l’image
    1. Jean-Auguste-Dominique INGRES, La Baigneuse de Valpinçon, 1808, huile sur toile, 146 x 97 cm, Musée du Louvre, Paris
    2. Jean-Auguste-Dominique INGRES, La petite baigneuse, huile sur toile, 1828, 35 x 27 cm, Musée du Louvre, Paris
    3. Jean-Auguste-Dominique INGRES, Le bain turc, 1862, huile Toile marouflée sur bois, 108 x 108 cm, Musée du Louvre, Paris
    4. Armand Cambon, Galel, 1864, huile sur toile, 189 x 105 cm, Musée Iingres Bourdelle, Montauban
    5. Man RAY, Le Violon d’Ingres, 1924, photographie, Musée national d’Art moderne, Paris
    6. Hans Peter FELDMANN, Untitled (Alte Meister), 1978, lithographie colorée à la main
    7. Jean-Luc, GODARD, Passion, 1982, film français, 88 min
    8. Joel-Peter WITKIN, La Femme qui fut un oiseau, 1990, photographie
      « Je fis la rencontre de celle qui devint la Femme qui fut oiseau à New York. Elle assistait à un congrès d’adorateurs du corps, dénommé : s’habiller pour le plaisir.
      Je me sentais déplacé dans cette réunion puisque je n’étais vêtu ni de vinyle ni de latex. Mais j’oubliai vite mon malaise en voyant cette créature décrocher le prix du concours tailles fines et corsets.
      Lorsqu’elle et moi échangeâmes nos cartes, je lui promis une photographie qui mettrait en évidence sa taille de quarante centimètres. Elle s’engagea à poser nue. En préparant la prise de vue, je réalisai que ce modèle à la taille si fine serait encore plus mystérieux vu de dos. La montrer sans cheveux la rendrait grotesque.
      Le Violon d’Ingres de Man Ray me guida. En notre époque postromantique, ces deux clés de fa que le surréaliste appliqua sur Kiki, son modèle, pourraient devenir deux blessures, traces des ailes de la liberté qu’on lui aurait arrachées. Man Ray montre Kiki coiffée d’un turban de sérail comme un être irréel. Mon modèle est une prison de chair. » JP WITKIN
    9. Dany LERICHE, Ayaba, 1992, impression, diptyque, 186 x 133 and 186 x 30 cm
    10. YVES-SAINT-LAURENT, affiche publicitaire, 1999
    11. Valery KOSHLYAKOV, Baigneuse de Valpincon, 2004-08, plastique, carton et scotch d’emballage
    12. Stéphane LALLEMAND, La Baigneuse, 2007, photographie,
    13. Kristyna and Marek MILDE, Valpinçon Bather after Ingres, 2008, photographie
    14. Miryan KLEIN, Le Violon d’Ingres II, photographie, bulle, résine, 2009
    15. Jean-Luc MOERMAN, Sans titre (Epiphyte), 2011, encre sur papier, 130 x 100 cm
    16. Elizabeth KLEINVELD, Ode to Ingres’ Valpincon Bather, 2012, photographie
    17. MISS TIC, Femmes passives, femmes faciles elles ont bon dos, 2014, street-art, pochoir
    18. @rosesparrow, Remake Violon d’Ingres, tatouage

    Références artistiques

    • Man RAY, Le Violon d’Ingres (d’après La Baigneuse de Valpinçon d’INGRES), 1924, photographie, Musée national d’Art moderne, Paris
      La photographie nous montre Kiki de Montparnasse, alors la maîtresse de Man Ray, avec ses bras croisés si loin devant elle que son dos ressemble à la table d’un violon. Cette association est encore accentuée par les deux ouïes qui ont été rajoutées après coup à l’aide d’un pochoir. Cette photographie qui a été publiée en 1924 dans la revue Littérature était parmi les premières images qui ont apportées la preuve que le procédé photographique, apparemment lié pour toujours au réalisme, était suffisamment souple pour réaliser des images surréalistes.
      Source Centre Pompidou
    • Salvator DALÍ, Métamorphose de Narcisse, 1937, huile sur toile, 51,2 cm x 78,1 cm, Tate Modern, London
    • Joel-Peter WITKIN, Las Meninas (Self-Portrait after Velázquez), 1987, photographie, https://www.museoreinasofia.es/
    • PIERRE et GILLES, Sainte-Agathe, 1989, photographie peinte
    • Cindy SHERMAN, Untitled #224. (Carravaggio’s Sick Bacchus), 1990, photographie, https://www.moma.org/audio/playlist/261/3365
    • Douglas GORDON, 24 Hour Psycho (à partir du film Psycho d’Alfred HITCHCOCK), 1993, installation vidéo, 24h
    • Douglas GORDON, Self Portrait as Kurt Cobain as Andy Warhol as Myra Hindley as Marilyn Monroe, 1996, photographie colorée à la main
    • Vik MUNIZ, Double Mona Lisa after Warhol (Peanut Butter + Jelly), 1999, cibachrome
    • Marcos LÓPEZ, Asado en Mendiolaza, Córdoba (d’après la Cène de Léonard DE VINCI), 2001, photographie
    • Julie HOLCOMBE, Self as Narcissus (d’après LE CARAVAGE) 2003, C-print, 114 x 110 cm
    • Julie HOLCOMBE, Babel Revisited (d’après La Tour de Babel de Brueghel l’Ancien, 1563), 2004, C-print, 110 x 114 cm
    • Idris KHAN, Every… Bernd and Hilla Becher Gable Side Houses, 2004, photographie
    • Vik MUNIZ, Narcissus, after Caravaggio, 2005, cibachrome
      Vik Muniz sonde la nature et les traditions de la création d’images en utilisant des matériaux improbables pour créer des images avant finalement d’être prise en photo. La série Pictures of Junk est construite sur des peintures de dieux ou héros de la mythologie classique des maîtres anciens. Sur cette photographie, inspirée du célèbre tableau du Caravage, le héros grec Narcisse regarde son reflet dans une mare d’eau, absorbé par sa propre beauté. L’image, assemblée sur le sol d’un hangar de la taille d’un terrain de basket à la périphérie de Rio de Janeiro, est composée de décombres industriels tels que des écrous, des boulons, des bouchons de bouteilles, des canettes de soda, des pneus jetés, des brouettes, des panneaux rouillés, une voiture portes et ferraille. Vik Muniz a dirigé ses assistants – des étudiants en art des quartiers pauvres à proximité – à partir d’une plate-forme à quarante pieds au-dessus du sol. Cette traduction fantaisiste d’une image vénérable en matériaux improbables est encore plus compliquée qu’il n’y paraît à première vue.
    • Corinne VIONNET, Photo Opportunities, à partir de 2005, photographies
    • Charle WHITE, David (Everything is American), 2005, photographie
    • Bernard PRAS, La Vague (d’après HOKUSAI), 2007, anamorphose photographique
    • Gérard RANCINAN, The Big Supper (d’après la Cène de Léonard DE VINCI), 2008, photographie
    • Bernard ARCE, Narcissus – Trapped in Carravaggio, 2011, vidéo
    • Marcos VILARIÑO, The Steerage after Alfred Stieglitz 1907, photographie, figurines Lego
    • Richard UNGLIK, Le radeau de la Méduse (d’après Théodore GÉRICAULT, 1819), photographie de figurines Playmobil, exposition « L’Histoire en Playmobil », Espace Richaud, Versailles, 2019, détail en bandeau

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Autoréférencé

    Autoréférencé

    Proposez une nouvelle version d’une œuvre préalablement choisie et analysée.

    Appropriation : Dans le sens le plus étroit, on parle d’appropriation si « les artistes copient consciemment et avec une réflexion stratégique » les travaux d’autres artistes. Dans ce cas, l’acte de copier et son résultat doivent être compris également comme de l’art (sinon, on parle de plagiat ou de faux), cf. emprunt.
    Remake : (mot anglais), nouvelle version d’un film, d’une œuvre littéraire, théâtrale, etc.
    Détournement : Le détournement est la réutilisation par un artiste de slogans, d’images publicitaires, de campagnes de marketing pour créer une nouvelle œuvre portant un message différent, souvent opposé au message original. C’est une sorte de parodie satirique, qui réutilise ou imite l’œuvre originale. Le détournement le plus connu est le détournement publicitaire. Le terme fut d’abord employé par l’Internationale situationniste. Le détournement diffère de la récupération dans laquelle les œuvres sont destinées aux médias dominants. L’utilisation faite par Barbara Kruger du détournement popularisa la technique.
    (source Wikipédia)
    Parodie : Imitation consciente et volontaire d’une œuvre littéraire ou artistique dans une intention moqueuse ou simplement comique.

    Notions abordées : détournement, modèle, copie, citation, emprunt, appropriation, interprétation…

    En quoi l’art devient-il, en quelque sorte, conscient de lui-même, c’est-à-dire autoréférentiel et réflexif ?

    Références possibles :

    • Vénus d’Urbino du TITIEN (1538)/ Olympia d’Édouard MANET (1863)/ I Like Olympia in Black Face de Larry RIVERS (1970)
    • Les Ménines de Diego VÉLASQUEZ (1656)/ Las Meninas de Pablo PICASSO (1957)
    • La Joconde de Léonard DE VINCI (1503)/ L.H.O.O.Q. de Marcel DUCHAMP (1919)
    • La Grande odalisque de Jean-Auguste-Dominique INGRES (1814)/ Made in Japan de Martial RAYSSE (1964)
    • Le Cri d’Edvard MUNCH (1893)/ Le Cri d’ERRÓ (1967)
    • Gilles BARBIER, L’Hospice, 2002, installation


    Concert champêtre du TITIEN (1508-1509)
    Le Jugement de Pâris, gravure de RAIMONDI (1514-1518)
    Déjeuner sur l’herbe d’Édouard MANET (1863)


    David avec la tête de Goliath du CARAVAGE (1606)/ Intervention d’Ernest PIGNON-ERNEST à Naples (1993)


    *Détail de Made in Japan – La Grande Odalisque (1964) de Martial RAYSSE