Étiquette : Abstraction

  • D’un ordre naît le désordre

    D’un ordre naît le désordre

    En utilisant ou non une grille, montrez l’émergence progressive du désordre à partir de l’ordre apparent de votre production plastique.
    En fonction des caractéristiques plastiques de cette dernière, faites percevoir au spectateur votre intention, afin qu’il accède à la compréhension de votre démarche.

    #ordre #désordre #organisation #arrangement #chronologie #lecture #progression
    Ursus WEHRLI, Photos en Bazar, 2013, Éd. Milan

    Objectifs

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • identifier une organisation géométrique et déduire des possibilités de sa transformation
    • interroger la lisibilité du processus de production
    • développer la prise d’initiative et l’autonomie en situation de pratique ouverte
    • s’approprier une démarche artistique en s’appuyant sur les notions d’ordre et de désordre.

    Questions

    Dans quelle mesure une composition ou organisation géométrique ordonne-t-elle une production plastique ? En quoi la matière porterait-elle en elle le désordre ? En quoi la dimension temporelle et séquentielle d’une œuvre est-elle induite par des règles ?

    Sam FRANCIS, Untitled, 1979, acrylique sur toile, 199 × 186 × 2,5 cm

    Références artistiques possibles

    • Michael NOLL, Vertical horizontal number three, 1964
    • Vera MOLNÁR, Quatre quart – B, 2012, acrylique sur toile, 80 × 80 cm
    • Jeff WALL, The destroyed room, 1978, diptyque photographique,
    • Tony CRAGG, New Stones – Newtone’s Tones, 1978, installation, morceaux de plastiques rangés au sol en un dégradé de couleurs
    • Ursus WEHRLI, The Art of Clean Up: Life Made Neat and Tidy, 2013, 48 pages, Éd. Chronicle Books
    • Armelle CARON, Montpellier / Montpellier rangé, impressions numériques sur toile // environ 90 cm x 120 cm
    • Sam FRANCIS, Untitled, 1979, acrylique sur toile, 199 × 186 × 2,5 cm
    • Richard Paul LOHSE, Six rangées de couleurs verticales systématiques, 1972
    • François MORELLET, Reflets dans l’eau déformés par le spectateur, 1964, néons, bois, textile et eau, 240 x 108 x 108 cm

    Vera MOLNÁR

    Vera MOLNÁR, Hommage à Dürer, 1990, table traçante, encre rouge sur papier, 31,5 x 32 cm

    Son art, géométrique et constructif rompt avec tout symbolisme et se centre sur des questions mathématiques, géométriques. Dans sa recherche d’un art programmé, elle se lie avec des artistes qui, tel François MORELLET, s’intéressent aux formes élémentaires et à un art fondé sur le choix d’un système. Portant, elle introduit dans la rigueur minimale de ses œuvres une certaine quantité de hasard, un soupçon de désordre venant troubler imperceptiblement ses constructions formelles.

    Sa pratique est en effet fondée sur une pratique exploratoire, expérimentale portant sur la forme, sa transformation, son déplacement, sa perception. Elle recommence sans cesse, revient sans trêve au point de départ, sans jamais considérer comme achevé, acquis et clos le développement d’un travail. Elle trouve à partir de 1968, grâce à l’outil informatique, un moyen de démultiplier les propositions et d’enrichir son processus de création. Ses recherches d’une extrême rigueur s’appuient sur des méthodes empruntées à la recherche scientifique et témoignent d’une réflexion théorique sur les mécanismes de la création.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Vera_Molná
    Hommage à Vera Molnar à Dürer par Diana Lange : https://openprocessing.org/

    Albrecht DÜRER, Melencolia I, 1514, gravure, 24,1 × 19,1 cm
    En mathématiques, un carré magique d’ordre n est composé de n2 entiers strictement positifs, écrits sous la forme d’un tableau carré.
    Ces nombres sont disposés de sorte que leurs sommes sur chaque rangée, sur chaque colonne et sur chaque diagonale principale soient égales.

    Niveaux de maîtrise

    Compétences

    Maîtrises

    1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu

    Je choisis et mobilise avec difficultés des langages et moyens plastiques variés pour exprimer mon intention artistique. Je ne parviens pas à exploiter l’inattendu de manière créative.

    Je commence à explorer des langages et moyens plastiques variés, mais j’exploite sans analyse l’impact de mes choix artistiques et l’utilisation de l’inattendu.

    +-

    Je choisis et adapte à profit des langages et des moyens plastiques variés pour exprimer mon intention artistique et intègre l’inattendu de manière créative dans ma démarche.

    +

    Je fais preuve d’une bonne maîtrise dans le choix, la mobilisation et l’adaptation des langages artistiques variés, en créant des effets artistiques convaincants et en utilisant l’inattendu de manière novatrice.

    ++

    1.5 – Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique

    Je ne tiens pas compte des conditions de réception de ma production et ne prête pas suffisamment attention à la présentation, y compris numérique.

    Je commence à prendre en compte les conditions de réception de ma production, mais ai besoin d’aide en ce qui concerne les modalités de présentation.

    +-

    Je prends en compte de manière satisfaisante les conditions de réception dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de présentation, y compris numérique.

    +

    Je considère avec soin les conditions de réception de ma production, en adaptant la présentation, y compris numérique, pour renforcer l’impact artistique de ma réalisation.

    ++

    2.4 – Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique

    J’ai du mal à faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité et d’engagement dans la conduite de mon projet.

    Je fais preuve d’autonomie, d’initiative et d’engagement dans la conduite de mon projet artistique, mais ai besoin de plus de maturité et d’esprit critique.

    +-

    Je fais preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite de mon projet artistique.

    +

    Je dirige de manière autonome et responsable mon projet artistique, en faisant preuve d’un esprit critique avancé et d’un engagement soutenu.

    ++

    4.2 – Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique

    Je n’identifie pas les caractéristiques permettant de situer une œuvre dans son contexte géographique, culturel ou historique.

    Je repère certaines caractéristiques permettant de situer une œuvre dans son contexte, mais celles-ci restent peu précises.

    +-

    J’identifie de manière fiable les caractéristiques plastiques, culturelles, sémantiques et symboliques situant une œuvre dans un contexte.

    +

    J’identifie avec précision et finesse les caractéristiques inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, démontrant ainsi une connaissance approfondie et nuancée de celle-ci.

    ++


    Références au programme du cycle 4


    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • le dispositif de représentation : l’espace en deux dimensions (littéral et suggéré), la différence entre organisation et composition
    • l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation : l’autonomie de l’œuvre vis-à-vis du monde visible ; inclusion ou mise en abyme de ses propres constituants ; art abstrait, informel, concret, etc.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • 1.5 – Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.4 – Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité

    • 3.3 – Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.2 – Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
  • Bouquet qui pique

    Bouquet qui pique

    En prenant en compte la totalité de l’espace du support proposé, peignez les impressions* visuelles et colorées perçues à la vue de ce bouquet présenté devant vous.

    *Sensation, sentiment produit par une cause extérieure.

    Questions abordées

    Dans quelle mesure l’écart entre le référent et sa représentation peut-il être source d’expression ou de valeur expressive ? À quel point une représentation peut-elle s’affranchir du monde visible ? En quoi le choix et l’utilisation de l’outil déterminent-ils la manière de peindre ? En quoi le geste peut-il être expressif ?

    Objectifs pédagogiques

    Les objectifs de cette séquence sont d’amener les élèves à :

    • comprendre le rôle de la matière dans une œuvre et qu’il peut exister un dialogue pertinent entre la matière et le motif représenté
    • découvrir que la matérialité d’une œuvre influe sur sa réception par le spectateur
    • comprendre que les choix plastiques d’une œuvre expriment les intentions de l’artiste
    • comprendre que la reproduction photographique de l’œuvre annule sa matérialité.

    Références artistiques possibles

    • Edward BURNE-JONES, L’amour conduisant le pèlerin, 1896, huile sur toile, 304 × 157 cm, Tate Britain, Londres
    • Vincent VAN GOGH, Les Tournesols, 1888, huile sur toile, 95 × 73 cm, Philadelphia Museum of Art – https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Tournesols
    • Gustav KLIMT, Jardin Cottage avec tournesols, vers 1907, huile sur toile, 110 × 110 cm
    • Studio Walt DISNEY, Prince sabrant les fourrés entourant le château de la Belle au bois dormant, 1959, film d’animation, décor dessiné par Eyvind EARLE
    • Andy WARHOL, Untitled from Flowers, 1970, sérigraphie, 91,8 × 91,6 cm, MoMA, NY
    • Gina PANE, Azione Sentimentale, performance réalisée à la galerie Diagramma à Milan en 1973
    • Georges MATHIEU, Rêves desséchés, 1990, huile sur toile, 146 × 114 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Miguel CHEVALIER, Fractal flowers, 2009, installation interactive en réalité virtuelle
    • Anselm KIEFER, Daphne, 2016, verre, métal, tissu, plomb, branches et feuilles séchées, 240 × 150 × 91 cm
    • Jean-Marie APPRIOU, Roncier, 2019, installation, fonte d’aluminium, Biennale de Lyon 2019, Usine Fagor
    • Jan ROPP, Ronce, 2022, installation faite de branches de ronces, reliées des bandes de plâtre et occupant l’ensemble de la Maison Salvan, centre d’art contemporain de Labège, Toulouse
    • Takashi MURAKAMI, MurakamiZombie, vue de l’exposition (21 janv. – 12 mars 2023) au Busan Museum of Art, Corée du sud

    Questionnement(s)

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la transformation de la matière.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Photographie d’Andrey GRINKEVICH – unsplash.com

  • Rythme

    Rythme

    ,

    Proposez une peinture murale destinée à agrémenter l’escalier ouest (image à télécharger). Votre projet exclusivement abstrait emploie le langage plastique développé par Sonia et Robert DELAUNAY : simplification à l’extrême des formes géométriques, notamment le cercle et le triangle, variations rythmiques des enchevêtrements circulaires et hélicoïdaux grâce à la couleur qui s’opposent en complémentaires.

    #couleurscomplémentaires #abstraction #rythme

    À propos de Robert DELAUNAY

    Peintre français né le 12 avril 1885 à Paris et mort le 25 octobre 1941 à Montpellier. Avec sa femme Sonia Delaunay et quelques autres, il est le fondateur et le principal artisan du mouvement orphiste, branche du cubisme et important mouvement d’avant-garde du début du 20e siècle.

    Rythme n°1, Robert DELAUNAY, 1938, huile sur toile, 529 x 592 cm, décoration pour le Salon des Tuileries,
    Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, photographie de @matchwithart (Art Lover living in Paris)

    À la suite des théories de la couleur du 19e siècle, Robert DELAUNAY poursuit, avant la première guerre mondiale la recherche d’une peinture fondée sur la loi des contrastes de couleurs se développant dans le temps et se percevant simultanément. Cette tendance du cubisme, dénommé « Orphisme » par Apollinaire, donnant l’illusion du mouvement, se met au service d’une thématique d’un monde moderne en plein essor : Tour Eiffel, hélices d’avions en rotation, sport.

    En 1930, Delaunay renoue avec l’art « inobjectif » dans les Rythmes et les Rythmes sans fin où s’exprime la couleur seule qui, par son organisation, sa dimension, ses rapports dans l’espace, détermine les rythmes des formes. Les possibilités dynamiques des disques colorés qui entrent en mouvement par la seule action physique du regard, sont exploitées pour donner leur rythme à la composition. Par un effet simultané, la vision est activée par les jeux de courbes et de contre-courbes, des disques aux cercles concentriques de diverses épaisseurs qui se contrarient, et surtout par les couleurs qui s’opposent en complémentaires (rouge/vert, bleu/orangé) et en dissonances (rouge/bleu ; rose/rouge, etc.). Ces toiles dont le musée possède également les maquettes, constituent l’aboutissement des recherches de Delaunay avant sa disparition précoce en 1941.

    Sonia DELAUNAY, Prisme électriques, 1914, huile sur toile, 250 x 250 cm, MNAM, Paris

    Références artistiques

    • Sonia DELAUNAY, Prisme électriques, 1914, huile sur toile, 250 x 250 cm, MNAM, Paris
    • Robert DELAUNAY, Rythme n°1, 1938, huile sur toile, 529 x 592 cm, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
    • Piet MONDRIAN, Composition avec rouge, jaune et bleu, 1942, huile sur toile, 72 x 69 cm, Tate Modern, Londres
    • Ellsworth KELLY, Red Blue Green, 1963, huile sur toile, 345 x 212 cm, Musée d’art contemporain de San Diego
    • Josef ALBERS, Homage to the Square: Broad Call, 1967, 121,9 x 121,9 cm, MoMA, NY
    • Bridget RILEY, Red with red triptych, 2010, huile sur lin, 570 x 169,4 cm. Réalisés à partir de structures géométriques et, progressivement, de couleurs, ses immenses tableaux donnent une impression de mouvement et d’espace. En replaçant la perception au cœur de l’expérience esthétique, elle invite tout un chacun à s’interroger sur ce qu’il voit ou ce qu’il pense voir.

    Palier escalier ouest

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la relation du corps à la production artistique.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine