Joseph VERNET (1714, Avignon – 1789, Paris)

Documenter ou augmenter le réel : La ville et la rade de Toulon, deuxième vue, le port de Toulon, vue du mont Faron (1756) de Joseph VERNET

En quoi la peinture du 18e siècle documente-t-elle le réel ?

Né Claude-Joseph Vernet, il se fera appeler Joseph Vernet toute sa vie et sa carrière. Né à Avignon, c’est là-bas qu’il suivra sa formation de peintre. Doué en dessin, doté d’une grande capacité à peindre le corps humain acquise lors d’une première formation de peintre d’histoire dans l’atelier de Philippe Sauvan à Avignon, Puis, il passera dans l’atelier d’Adrien Manglard, un peintre de marine influent, qui va l’initier à l’art du paysage et des scènes maritimes. Ce qui lui ouvrira progressivement les portes du succès.

De 1734 à 1753, il part à Rome. Là-bas, il tombe sous le charme de grands peintres du paysage, Nicolas Poussin (1594-1665, lui-même ayant vécu à Rome pendant 20 ans), Claude Gelée dit Le Lorrain (1600-1682), Salvator Rosa (1615-1673) puis découvre l’œuvre de Canaletto (1697-1768). Joseph Vernet va reprendre les effets de marines au soleil couchant, qu’il va décliner dans des versions  au clair de lune, en effet on retrouve ce style et ces sujets dans ses tableaux. Il passera environ vingt ans à Rome (comme Poussin à son époque), où il perfectionnera son art en étudiant les maîtres italiens et en absorbant l’influence du paysage italien (l’art de la veduta, du védutisme).

C’est à Rome, qu’il rencontrera le Marquis de Marigny, mandaté par le Roi, pour une commande des « Vues des ports de France ». Il devient ainsi le premier artiste à être honoré du titre de « Peintre de la Marine du Roi » en 1753. Cette commande va lui prendre 12 ans de sa vie, il rentrera ensuite à Paris poursuivre sa carrière grâce à des commandes internationales. À sa mort, lors d’une vente en 1790, on a retrouvé près de 700 dessins de sa main, témoignant de l’aspect prolifique de son travail préparatoire et de sa dimension documentaire, lui servant au passage, certainement de répertoire pour l’ensemble de son œuvre.

Louise-Élisabeth Vigée-Le Brun (1755-1842), Joseph Vernet, peintre, 1778, huile sur toile, 92 × 72 cm, Musée du Louvre, Département des Peintures, INV 3054

La ville et la rade de Toulon, deuxième vue, le port de Toulon, vue du mont Faron, 1756, huile sur toile appartenant à la série Vues des Ports de France, 165 × 263 cm, Musée du Louvre, Paris

Chaîne de Maxime Bourgeaux