Diffusion d’une création par l’édition, le numérique

Choisissez et créez UN mode de diffusion de l’œuvre proposée : une forme éditée (ex. livret, multiple, affiche, objet) ou une forme numérique (ex. QR code, réseaux sociaux, web, VR), puis, justifiez à l’oral votre choix (: intention, effets recherchés, relation au public, etc.).

Objectifs pédagogiques

La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

  • comprendre que la diffusion peut être un acte artistique
  • expérimenter différents supports :
    • édition (livret, multiple, affiche, mur)
    • numérique (écran, projection, interaction)
  • choisir un mode de diffusion cohérent avec une intention ; formaliser une démarche et la justifier
  • penser la relation au public.

Questionnements

La diffusion d’une œuvre est-elle une étape finale ou une partie constitutive de la création ?
La diffusion peut-elle être l’œuvre elle-même ?
Le support modifie-t-il la réception ?

Est-ce encore la même œuvre ?
Le numérique rend-il l’œuvre plus accessible ?

Axes de travail et notions clés

  • Diffusion ≠ simple communication
  • Publication comme œuvre
  • Œuvre multiple / œuvre unique
  • In situ / hors les murs
  • Interactivité, immersion
  • Spectateur actif / passif
  • Matérialité vs dématérialisation

Références artistiques possibles

  • Marcel DUCHAMP, La Boîte-en-valise, 1936-1941, carton, bois, papier, plastique, 40 x 37,5 x 8,2 cm, Centre Pompidou, Paris. En 1934, Marcel Duchamp entreprend de porter un regard rétrospectif sur son œuvre. Mais, comme toujours avec lui, la chose ne doit pas l’entraver ni peser. Il a l’idée d’une boîte dans laquelle toutes [ses] œuvres se trouveraient réunies comme dans un musée en réduction, un musée portatif. À la fois représentant de commerce et conservateur de son œuvre, Duchamp évite ainsi, comme à son habitude, la fonction traditionnellement assignée à l’artiste.
Marcel DUCHAMP, La Boîte-en-valise, 1936-1941
  • Henri MATISSE, Jazz, publié en septembre 1947, mais élaboré dès 1943, Jazz (maquettes et livre) est un moment-clé dans l’évolution de l’artiste, c’est l’espace expérimental, le laboratoire qui lui permet de passer de la peinture à la pratique du papier découpé.
Henri MATISSE, Jazz, 1943
  • Ben VAUTIER, Geste n°4 – Regardez moi cela suffit, 1962, performance sur la Promenade des Anglais à Nice ou Regardez moi cela suffit je suis art, photographie d’Ad Petersen, Nice, 1964, carte postale, 10,5 x 15 cm, Fondazione Bonotto, Colceresa (VI)
BEN, Regardez moi cela suffit je suis art, 1964
  • Ed RUSCHA, Twentysix Gasoline Stations, 1963, édition numérotée et signée de 400 exemplaires
  • Atelier populaire, Sois jeune et tais-toi, mai 1968, affiche. Le 8 mai, à l’initiative des élèves architectes, un comité de grève se constitue à l’École des Beaux-Arts. Certains artistes du salon de la jeune peinture rejoignent les étudiants. Et le 14 mai 1968, ils impriment une première affiche en lithographie. Gérard Fromanger, averti de la présence d’une presse litho à l’étage, tire 30 exemplaires de l’affiche UUU (Usine. Université. Union.). Fromanger souhaite vendre les affiches au profit des étudiants. Mais les manifestants en décident autrement et se saisissent des affiches pour les placarder sur les murs. Il ne s’agit plus de tirage d’art, le nouvel objectif est de communiquer. Qu’à cela ne tienne, Rougemont revient de New York et connaît la sérigraphie. Il croise Éric Seydoux, jeune sérigraphe de “Paris Art”. Et le soir même est tiré cet emblématique poing levé.
  • Manfred MOHR, Artificiata I, 1969, livre d’artiste. Mohr voyait dans ce livre comme une sonate visuelle artificielle ; les dessins réalisés en 1968/1969 furent ses derniers dessins avant qu’il ne commence à utiliser l’ordinateur dans son travail en 1969.
Manfred MOHR, Artificiata I, 1969
  • Vera MOLNÁR, 1% de désordre, 1980, livre d’artiste, 25 pages, 17 x 17 cm, 500 tirages : l’artiste conçoit un programme qui trace un ensemble de carrés selon une règle stricte, elle y introduit ensuite 1 % de perturbation (écart aléatoire) puis le dessin est produit via traceur (plotter).
    L’œuvre existe comme protocole reproductible.
  • Sophie CALLE, Suite vénitienne, 1983. Suite Vénitienne (1980-1994) constitue une des œuvres-clés des débuts de l’artiste française Sophie Calle (1953, Paris). Il s’agit de la discrète poursuite, à Venise, d’un homme qu’elle connaît à peine, documentée par de nombreuses photographies censées appuyer la véracité de la narration. Ce récit est déterminant pour son travail, qui sera plus tard classé parmi les « mythologies personnelles » à côté d’artistes comme Christian Boltanski ou Jean le Gac. 
Suite vénitienne, 1980, vue de l’accrochage à la galerie Perrotin, Paris.
Ensemble, réalisé sous cette forme à partir de 1966 comprenant 81 éléments : 55 photographies N/B, 23 textes, 3 cartes.
Guerrilla Girls Demand A Return To Traditional Values On Abortion, march on Washington DC, 1992
FIRRST THEY WANT TO TAKE AWAY A WOMAN’S RIGHT TO CHOOSE. NOW THEY’RE CENSORING ART, 1991. Après avoir censuré notre premier effort, le Public Art Fund a finalement approuvé ce panneau d’affichage sur la censure. Nous ne savons pas qui a approuvé la publicité diffusée à côté.
  • Keith HARING, My First Coloring Book, 1993, album de coloriage, 23,5 × 23,5 cm, 32 pages
  • Barbara KRUGER, Untitled (We don’t need another hero), vue de l’affichage sur panneau publicitaire, Artangel, London, 1986-1987. Montée sur dix-sept panneaux d’affichage dans quatorze villes du Royaume-Uni et d’Irlande en janvier et février 1987, l’œuvre a confronté le public à ce qui ressemblait à de la propagande promouvant des clichés de genre.
Barbara KRUGER, affichage, Londres, 1986
Barbara KRUGER, Business is usual, 2019, sac noir, Printed Matter Inc (New York)
  • Shepard FAIREY, HOPE, 2008, affiche électorale
9 October 2008, New York
  • Tauba AUERBACH, RGB Colorspace Atlas, 2011, livre de 3 632 pages en forme de cube (20,3 cm de côté) représente l’ensemble des couleurs visibles par l’œil humain.
  • Amalia ULMAN, Excellences & Perfections (Instagram Update, 1st June 2014), 2015, C-Type print dry mounted on aluminium, mounted on black edge frame, 125 × 125 × 3 cm
Amalia ULMAN, Excellences & Perfections (Instagram Update, 1st June 2014), 2015
Amalia ULMAN, Performing for the Camera, Tate Modern, February 2016

Laurie ANDERSON, Chalkroom, 2017, immersion en VR. Chalkroom est une œuvre de réalité virtuelle de Laurie Anderson et Hsin-Chien Huang dans laquelle le spectateur vole à travers une énorme structure faite de mots, de dessins et d’histoires. Une fois entré, vous êtes libre de vous déplacer et de voler. Les mots naviguent dans l’air sous forme de courriels. Ils tombent en poussière. Ils se forment et se réforment.

Laurie ANDERSON, Chalkroom, 2017
  • Roman CIESLEWICZ, La fabrique des images (2018) – exposition au Musée des Arts Décoratifs, Paris. Son œuvre, éclectique, couvre une diversité des expressions graphiques depuis l’affiche jusqu’à la publicité en passant par le photomontage, l’édition et l’illustration. Ses images scrutent le monde, comme elles en sont un reflet, un témoignage, révélant ainsi toute la singularité de l’artiste, celle d’une personnalité engagée ; Roman Cieslewicz envisageait son rôle de graphiste en prise directe avec l’actualité.
  • Takashi MURAKAMI, La collection de sacs « Artycapucines VII – Louis Vuitton × Takashi Murakami, 2025
Takashi Murakami présentant la collection de sacs « Artycapucines VII 
« Plongez dans le monde coloré et emblématique de l’artiste japonais légendaire Takashi Murakami. 🌸 Avec ses œuvres mêlant pop art, motifs floraux emblématiques et esthétique japonaise moderne, chaque objet est une véritable œuvre d’art à collectionner. »

Jeff KOONS, Balloon Dog Speaker et Balloon Dog Lamp, 2025, deux objets recréés par Jeff KOONS × Lexon pour le musée The Broad de Los Angeles

Jeff KOONS × Lexon, Balloon Dog Lamp, 2025

Atelier des Lumières, Van GOGH, 2025-2026, spectacle-expérience en immersion, projections à 360°


Champ des questionnements plasticiens

Domaines de la présentation des pratiques, des productions plastiques et de la réception du fait artistique : les relations entre l’œuvre, l’espace, l’auteur et le spectateur

La monstration et la diffusion de l’œuvre, les lieux, les espaces, les contextes

  • Fonctions et modalités de l’exposition, de la diffusion, de l’édition, dispositifs et concepteurs
    • Diffusion d’une création par l’exposition, l’édition, le numérique : finalité d’une pratique, formalisation d’une démarche, choix spécifiques de supports, d’espaces, de modalités de partages…
    • Immersion et interaction : dispositifs intégrant des projections et des écrans, implication ou interactivité avec un public…

*Image mise en avant : Ben VAUTIER, Geste n°4 – Regardez moi cela suffit, 1962, performance sur la Promenade des Anglais à Nice